La Route de la Soie [Chine-Iran]
Un peu d'histoire
La soie est née en Chine. Convoitée par les empereurs, les rois et tous les hauts dignitaires, ces précieux "fils magiques", qui permettaient de tisser de splendides habits et étendards étaient le grand secret des dynasties chinoises des Kin puis des Han, au xxème siècle.
LE PAYS DE LA SOIE
La soie était alors une matière extrêmement précieuse, dont le secret de fabrication était jalousement gardé par les artisans impériaux. Si "L’ Empire du Milieu", ainsi appelé par les Chinois qui pensaient que leur pays se trouvait au centre du monde, l'utilisait pour fabriquer des tissus, du papier, des cordes, etc., les nombreux souverains réglaient également le plus souvent la solde de leurs troupes avec des rouleaux de soie. Une grande partie de leurs armées étant constituée de mercenaires, ceux-ci, une fois payés, rentraient chez eux, en Mongolie, en Mandchourie, en Perse, en Sibérie ou en Inde, et exhibaient ces tissus rares, et donc chers, les faisant connaître bien au-delà des frontières de l'Empire.
La notoriété de la soie était également favorisée par le fait que la Chine avait alors une importante activité commerciale orientée vers l’extérieur, en particulier l’Asie centrale et l'Asie occidentale, jusqu’en Perse et en Turquie et en Iran.
LE SECRET TRAHI
Les Chinois avaient pour habitude de conclure des accords commerciaux avec les provinces ou les pays réfractaires à leur volonté d'hégémonie, plutôt que de se lancer dans d’interminables guerres lointaines. Dans ce cadre, des princesses chinoises étaient souvent promises aux rois de ces pays difficiles ou concurrents.
C'est alors qu'au Vème siècle avant Jésus-Christ, se produisit un événement qui fit que le secret de la fabrication de la soie fut dévoilé, faisant perdre à cette matière jusqu'alors considérée comme divine, son caractère merveilleux : une jeune princesse chinoise, promise au roi du Khotan, une principauté-oasis placée sur la route des échanges commerciaux entre la Chine et l'Asie occidentale, se désolait de devoir quitter son pays pour un lieu où l’on ne tissait pas la soie. Cela lui paraissant insupportable, elle emporta, cachés dans son chignon, des œufs de vers à soie et des feuilles de mûriers, afin de pouvoir la fabriquer malgré tout. Puis, vers
55 de notre ère, des moines dérobèrent de précieuses chenilles et des graines pour les rapporter dissimulées dans leurs cannes creuses, à Constantinople (aujourd’hui Istanbul). Le secret millénaire de la soie venait de disparaître !
MARCO POLO ET LA ROUTE DE LA SOIE
Venise abritait dans ses murs, plusieurs grandes familles de banquiers et de commerçants. Parmi eux, la famille Polo était célèbre pour avoir installé, dès 1250, un comptoir à Constantinople afin d'assurer le commerce de la fourrure en Crimée.
En 1971, sous l’impulsion de ses frères qui cherchent à développer le commerce de la soie, Marco Polo repart une nouvelle fois pour l’Orient, franchit la Turquie, l’Iran par Téhéran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan par Samarkand, le Tadjikistan et le Kirghizstan. L’entrée en Chine occidentale ayant pour principal obstacle le désert de Taklamakan, qu’aujourd’hui encore peu nombreux sont ceux qui se hasardent à traverser, Marco le contourne par le sud, passant par Kashgar, Yarkand et Dunhuang pour rejoindre Pékin.
La Route de la Soie était tracée !