MERCREDI 20 FEVRIER
Vol Paris-Madrid - Buenos Aires (Aerolineas)
Vol Paris (Roissy / Charles de Gaulle) pour Buenos Aires en faisant escale à Madrid, dans une première "étape" aérienne.
Les participants et membres du staff font tous connaissance. De nombreux coureurs se connaissent déjà, ayant déjà participé à plusieurs autres raids organisés par NED.
JEUDI 21 FEVRIER
Vol Buenos Aires - El Calafate (Aerolineas)
Arrivés tôt ce matin à Buenos Aires (Argentine), nous repartons sur un autre vol interne pour El Calafate, 2500 km plus au sud, après les contrôles administratifs d'immigration.
Pour cette première journée en Argentine, on nous annonce du beau temps, ce qui est de bonne augure pour le début du raid.
Aussitôt les bagages récupérés à l'aéroport, nous sommes accueillis par l'équipe de KL Adventure, nos correspondants ici en Amérique du Sud, qui s'occupent notamment de toute la logistique pendant notre séjour.
Trois mini-bus climatisés nous attendent pour nous conduire au centre ville de El Calafate, où nous faisons nos premiers achats, change de devises (pesos argentins), et où nous nous restaurons dans une auberge locale très sympathique.
Il est temps de reprendre la route… les bus nous emmènent à El Chalten, au pied du célèbre Fitzroy, mondialement connu par tous les grand amateurs d'escalade de grandes voies. Trois heures de trajet (220km), avec quelques pauses pour profiter du paysage, sauvage et désertique, sillonné de quelques rios couleur bleu laiteux nous rappelant celle de nos lacs glaciaires alpins.
Nous contournons le Lago Viedma et le Lago Argentina, deux gigantesques lacs en plein Parc National des Glaciers.
A El Chalten, installation au camping El Refugio. Briefing général de la course, remise des dossards, et présentation du raid "Le Défi Austral" par Serge et Cathy.
VENDREDI 22 FEVRIER
Etape 1 : El Chalten - Fitzroy
Course à pied : 24 km
VTT : 48 km
marche : 12 km
Après une confortable nuit en bivouac et un petit déjeuner copieux, tout le monde est prêt pour cette première étape de mise en jambes de 24 km pour les coureurs à pied, et de 48 km pour les VTT.
Le tracé suit un vallon coincé entre deux montagnes en direction du Lago del Desierto, au pied des célèbres Fitzroy et Cerro Torre, qui dominent de leur hauteur le tracé.
Au petit matin, une incroyable lumière vient éclairer les premiers sommets et glaciers visibles depuis le camp. Les plus matinaux bénéficient de ce spectacle. L'ambiance générale est très bonne et on peut palper la motivation de chacun.
Le décor est un avant goût de ce qui caractérise la Patagonie. Le bleu lumineux des glaciers se détache sur le rouge des pics rocheux qui composent la chaîne du Fitzroy. On trouve également un beau contraste de verts entre celui du fond de la vallée et les forêts souvent dévastées par la rudesse de l'hiver.
Les premières foulées et coup de pédales se font sous un soleil timide mais présent, avec un peu de vent de face, ce qui donne aux coureurs un petit aperçu de la suite du programme.
SAMEDI 23 FEVRIER
Etape 2 : La Leona - Lago Viedma
Course à pied : 23,5 km
VTT : 49,5 km
marche : 13,5 km
Réveil matinal à 6h30 alors que le jour n'est pas encore levé. Départ avec les bus et les 4x4 pour une liaison de 110 km vers le départ des VTT (La Leona), au sud-est du grand lac Viedma, véritable mer intérieure aussi grande que 'notre' lac Léman.
En route, juste à la sortie du village de El Chalten, une vue imprenable, dégagée sur le Fitzroy nous comble d'émotion, tant nous attendions ce moment précieux. La lumière matinale vient frapper de ses premiers rayons ce majestueux pic rocheux d'une couleur rose-orangée rendant un beau contraste avec les glaciers qui l'entourent.
Départ des VTT à La Léona, tandis que les minibus déposent des coureurs et les ravitaillements plus loin sur la piste qui longe le lac au sud.
La course se déroule en bordure de lac, avec un vent contraire qui semble forcir au fur et à mesure des kilomètres parcourus, ce qui la rendra difficile.
La Chaîne du Fitzroy en point de mire, et la couleur vert-turquoise du Lago Viedma suffiront-elles à compenser les efforts pour lutter contre ce vent de face ? Les premiers vttistes arrêtés au km 26 sont unanimes : ces premiers kilomètres paraissent doublés. C'est avec courage qu'il faut poursuivre la route, car le vent use les organismes d'une manière accélérée.
DIMANCHE 24 FEVRIER
Journée de repos
Visite de El Calafate et du glacier Perito Moreno
Après un copieux petit déjeuner à Luz Divina, nous laissons les tentes au bord de l'eau pour prendre route en direction de El Calafate, à 110 km de là, où nous déposons nos affaires pour ce soir au charmant hôtel El Glaciar.
Cette journée sera uniquement touristiques. Nous commençons par visiter la ville et faire un peu de chopping.
Un repas pris au restaurant Tierra Bendita, nus embarquons dans les bus et les 4x4 pour nore visite du glacier Perito Moreno. La route est belle et agréable. Le Perito Moreno a tenu ses promesses. Un temps dégagé, le soleil perçant parfois les nuages pour nous offrir une lumière parfaite pour nos photos.
Le spectacle est de toute beauté : le glacier déverse littéralement ses énormes séracs de 100 mètres de hauteur dans le lac, en dispersant ça et là quelques petits blocs de glace apparaissant comme des mini-icebergs dans l'eau turquoise.
Nous sommes forcés de constater ici la puissance de la nature. La dimension de cette barre de glace, avec ses dégradés de bleus, nous plongt dans un émerveillement visuel qui nous laisse sans voix. Nous sommes vraiment tout petits face à la grandeur de la nature.
LUNDI 25 FEVRIER
Etape 3 : El Calafate - Lago Roca
Course à pied : 34 km
VTT : 50 km
marche : 12 km
Cette étape part directement depuis l'hôtel pour les VTT, et environ 10 km plus loin pour les coureurs à pied.
La piste est quasiment rectiligne et suit le Lago Argentina au sud en direction du parc national de Lago Roca. Le terrain est assez roulant malgré une grande partie en tôle ondulée qu'il faut éviter en trouvant une meilleur stabilité sur les côtés de la piste.
Tout le long nous avons en permanence une vue sur les montagnes de la cordillère, derrière la frontière chilienne, toute proche, et sur les glaciers dont le fameux Perito Moreno.
Le fait du jour est la domination de Dominique Bordet, parti seul devant depuis les premiers kilomètres. Il avait décidé de mettre tout le monde d'accord, et ainsi de creuser un écart conséquent (plus de 32 mn) avec ses poursuivants au classement général et sur cette étape en particulier.
L'arrivée au camping de Lago Roca est bienvenue car avec le temps ensoleillé avec un léger vent, elle sera bénéfique au repos et à la récupération des concurrents.
MARDI 26 FEVRIER
Etape 4 : Tapi Aike - Cerro Castillo
Course à pied : 22 km
VTT : 29 km
marche : 10 km
Nous quittons le camping de Lago Roca pour reprendre la piste avec les bus et les 4x4 en direction de El Calafate où nous faisons le plein des véhicules. En effet le carburant est beaucoup moins cher en Argentine et ce soir nous passons la frontière chilienne.
Nous continuons plus au sud sur la route 40, la plus longue du monde, jusqu'à Tapi Aike d'où nous définissons le départ de l'étape pour les VTT, tandis que les premières pluies font leur apparition.
Heureusement, la pluie cesse assez vite et les coureurs peuvent se préparer sereinement. Le départ des coureurs à pied est donné 8 km plus loin sur la piste.
Le soleil après la pluie… Nous avons encore beaucoup de chance aujourd'hui. Les couleurs, jaunes et ocres, ressortent d'autant mieux, et le paysage qui s'étend à perte de vue devant nous nous donne une bonne idée de la physionomie de l'étape : une immense ligne droite de 22km vallonnée, avec quelques virages avant la ligne d'arrivée.
Nous devons impérativement stopper avant la frontière argentino-chilienne, pour éviter de se trouver en vue immédiate des douaniers. En effet, pour simplifier les formalités administratives, il vaut mieux passer la frontière sagement assis dans les bus. Les contrôles sont assez stricts et très procéduraux.
Le camion qui transporte les tentes n'a pas pu passer la frontière pour des raisons alors inconnues. Nous passerons alors la nuit dans de vrais lits, dans une école de Cerro Castillo, où nous attend également un repas reconstituant au restaurant local El Overejo.
MERCREDI 27 FEVRIER
Etape 5 : Cerro Castillo - Hacienda San Luis
Course à pied : 28 km
VTT : 56 km
marche : 18 km
Ce matin, la pluie est de la partie, et on peut noter un manque de motivation sur certains visages, même si le marathon prévu aujourd'hui est repoussé dans 4 jours.
C'est alors sur 28 km que les coureurs à pied se lancent, suivis par les VTT pour un trajet de 56 km sur une piste très roulante.
En route, nous nous arrêtons pour assister à une séance de marquage de moutons dans l'une des nombreuses haciendas traversées. Le paysage, multicolore, défile sous nous yeux, pour laisser apparaître pour la première fois les célèbres Torres del Paine sur notre gauche. Elles sont un peu cachées par des nuages mais nous aurons le loisir de les découvrir les jours suivants car nous allons nous en rapprocher.
Gaetan et Edith, n'ayant pas leur bidon de course avec eux, doivent partir seuls 25 minutes après les autres. Gaetan fait donc aujourd'hui course seul au lieu d'accompagner Pierre comme les jours précédents. Il terminera tout de même à 1'39" derrière lui.
Le soir, bivouac à côté de Laguna Amarga, au pied des Torres del Paine, après une liaison d'une heure pendant laquelle nous rencontrerons de nombreux guanacos. Nous y resterons deux nuits.
JEUDI 28 FEVRIER
Etape 6 : Laguna Amarga - Laguna Azul
Course à pied : 19,5 km
VTT : 41 km
marche : 13 km
Après une nuit très agitée en raison d'un vent violent et d'une pluie parfois battante, à Laguna Amarga, nous nous préparons pour cette 6ème étape qui se profile avec 450 m de dénivelée positive pour sa principale caractéristique. Le paysage est de toute beauté… finies les longues lignes droites interminables, place au terrain vallonné et aux nombreux virages qui donnent au tracé un attrait supplémentaire.
Mais avant tout nous profitons pleinement du paysage qui s'offre à nous, avec comme point d'orgue les Torres del Paine que nous ne manquerons pas de photographier avec différentes lumières au petit matin. Quelques chevaux de toutes les couleurs viendrons compléter ce magnifique tableau, et agrémenter nos clichés.
Sur le parcours, une fois de plus, nous croisons de nombreux guanacos (lamas sauvages) et même un renard très peu farouche. L'arrivée, au terme des 19,5 km pour la course à pied, se fait au bord de la lagune Azul, après une longue descente casse-pattes.
Retour au camp de Laguna Amarga, où nous passerons ce soir une deuxième nuit.
Une mention spéciale aux cuisiniers et au staff argentino-chilien qui nous ont préparé un excellent repas à base de saumon frais.
VENDREDI 29 FEVRIER
Etape 7 : Laguna Amarga - Lago Pehoe
Course à pied : 28,7 km
VTT : 28,7 km
marche : 14,5 km
Très belle étape annoncée dans le parc naturel des Torres del Paine, pour laquelle nous avons obtenu une autorisation spéciale.
En effet, le parcours sillonne sur un magnifique plateau, au pied des Torres des Paine et des glaciers suspendus, toujours en vue, avec en prime quelques lacs d'un bleu très pur des deux côtés de la piste. Le spectacle est bien mérité après cette interminable montée de plusieurs kilomètres dès les premiers pas ou les premiers tours de roue. Nous sommes dans le parc national des Torres del Paine.
Pendant la descente finale, nous apercevons le lac Pehoe où notre arrivée est prévue, 28 km plus loin, à l'entrée du camping du même nom. Pas de banderole d'arrivée, il s'agit d'être discret en raison de notre présence dans le parc, car les autorités interdisent tout type de compétition.
Il fait encore aujourd'hui un temps splendide, avec très peu de vent, ce qui n'était pas le cas avant le départ de la course. On peu dire que les coureurs ont particulièrement de la chance, car les conditions climatiques en Patagonie sont exceptionnellement aussi bonnes.
Nous ne déplorons aucun souci majeur concernant la santé des participants, à part quelques petits bobos sans gravité pour certains, mais il s'agit de se ménager en vue du marathon de demain qui se présente comme une difficulté à ne pas prendre à la légère. Nous verrons alors l'état général et la santé de chacun, demain après cette 8ème étape.
Nous prévoyons de nous rapprocher du glacier Grey cet après-midi, un des plus beaux et plus importants de Patagonie, où nous verrons sans doute quelques immenses blocs de glace détachés dans le lac et flottant tels des icebergs. Encore un spectacle naturel prometteur…
SAMEDI 1 MARS
Etape 8 - Marathon : Lago Pehoe - Puerto Natales
Course à pied : 42,1 km (marathon)
VTT : 60 km
marche : 18 km
La nuit a été faite de pluie et de vent fort dans le camping du lac Pehoe, difficile de dormir… Et pourtant c'est un marathon difficile qui attend les coureurs.
Le briefing de Serge et Cathy est dans toutes les têtes et chacun prépare mentalement ce marathon pour ce qui est des coureurs à pied. Les VTT ont officiellement 80 km à faire pour leur part, mais sur une piste très agréable et un parcours sinueux à souhait avec ce qu'il faut de montées et de descentes. La plupart feront les 96 km pour arriver jusqu'à l'hôtel, tant la piste est agréable. Malgré tout, les derniers kilomètres se feront en bord de mer sur la route.
D'une manière générale, le paysage est une fois de plus superbe, avec un passage dans la forêt pour changer un peu de décor.
Le vent, omniprésent sur la totalité de la course, est aujourd'hui une chance car il pousse souvent les coureurs et les marcheurs dans le dos, leur rendant la tâche nettement plus facile. Une fois n'est pas coutume !
Les participants ont derrière eux les montagnes du Paine tout au long du parcours. Il suffit de se retourner pour les voir ou les revoir une dernière fois, car nous quittons la montagne pour nous rapprocher de l'océan Pacifique, et plus précisément Puerto Natales où nous séjournerons dans un hôtel luxueux ce soir (Jacuzzi, confort, etc…).
Ce marathon marque toutefois les organismes mais aussi les esprits. Certains limitent la casse, après 7 étapes exigeantes, d'autres se ménagent pour arriver au bout, ou encore abandonnent, ayant épuisé toutes leurs ressources physique et/ou mentales.
Le repos est bien mérité, avec le confort du luxueux hôtel Indigo situé en bord de mer à Puerto Natales.
Dans l'ensemble tout le monde garde bien le moral, et après cette journée-test pour beaucoup de coureurs, on peut parler d'un premier bilan très positif à mi-raid.
DIMANCHE 2 MARS
Etape 9 - Isla Riesco
Course à pied : 24 km
VTT : 48 km
marche : 12 km
Nous quittons ce matin Puerto Natales pour une liaison de 160 km vers le sud. La neuvième étape est prévue sur lsla Riesco ("l'ile du risque") et c'est après avoir embarqué les 3 minibus et les deux pickups sur un bac en traversant ce bras de mer du pacifique que nous nous retrouvons au départ de l'étape, de l'autre côté de la rive.
Cette île est quasiment inhabitée. La végétation commence à changer au fur et à mesure de notre descente vers le sud. On retrouve ce côté sauvage typique de la Patagonie, avec sa faune riche et notamment de nombreux oiseaux (oies sauvages, flamants roses, nandous, canards). Les couleurs sont magnifiques, le contraste du jaune vif des herbes rases dans les champs à perte de vue, avec le ciel gris et le bleu vif de la mer sur toute la longueur du parcours est surprenant.
Les VTTistes, coureurs à pied et marcheurs se lancent alors sur cette belle piste en bord de mer. Les organismes commencent à souffrir sérieusement, et on note quelques abandons. Le médecin, Jean-Pierre, est de plus en plus occupé avec les petits bobos de chacun.
On dirait que le marathon d'hier a laissé quelques traces.
La fin de l'étape se juge sur un terrain herbeux, très agréable à fouler après ces longs kilomètres de sol dur. Il fait très beau, un petit vent comme à chaque fois en bord de mer. Chacun récupère de ses efforts en se désaltérant et en dégustant un super pique-nique préparé par le staff de l'hôtel Indigo.
Le dernier coureur à pied arrivé, rendez-vous sur notre lieu de bivouac à Villa Posada, un endroit très calme et reposant, après avoir quitté Isla Riesco. Nous nous installons dans nos tentes et tentons de réparer les séquelles laissées par l'accumulation des 245 km de course à pied ou 430 km de VTT effectués jusqu'alors.
LUNDI 3 MARS
Etape 10 - Arroyo Grande
Course à pied : 30.5 km
VTT : 48 km
marche : 15 km
Une organisation bien rodée ce matin, puisque tout le monde est prêt à l'heure pour partir du camping de Rio Verde. 1h30 de route environ pour nous rendre en direction de Punta Arenas, toujours au Chili. Nous laissons la route goudronnée pour une piste d'où les VTT partent pour une étape de 48 km. Le départ de la course à pied se fait 18 km plus loin, juste devant un musée de vieilles voitures appartenant à un particulier, une curiosité étonnante à cet endroit.
C'est l'occasion pour nous de photographier deus ou trois nandous et de vrais lamas lui appartenant sans doute aussi.
N'oubliez pas de consulter le
classement général et
album photos à trois jours de la fin du raid.
Pas d'ennui majeur pour le moment chez les concurrents, mais de nombreuses petites blessures au pied commencent à apparaître après cette dixième étape.
Côté organisation, nous n'avons pas aperçu le panneau qui marque le départ de la couse à pied si bien que les trois minibus on dû faire demi tour 7 km plus loin pour revenir à 'endroit prévu. Petit contretemps sans conséquence puisque c'est à 10h30, comme prévu, que de départ est donné. Les minibus peuvent alors déposer les marcheurs quelques kilomètres plus loin, pour qu'ils n'aient que 15 km à faire pour rallier l'arrivée prévue au bord d'un ruisseau, l'Arroyo Grande, sous les arbres. Un endroit idyllique pour le bivouac.
Le soleil est une fois de plus au rendez-vous. Le parcours se situe en bord de mer. La piste est agréable et bien roulante. Nous côtoyons de nombreux oiseaux qui peuplent cette région. Certains ont même aperçu des pingouins, mais c'est en les voyant s'envoler qu'ils se sont rendu compte de leur méprise. En effet, jusqu'à ce jour, personne n'a jamais vu de pingouin voler ! Nous en verrons probablement dans quelques jours le long du Canal Beagle lorsque nous seront revenu en Argentine sur la Tierra del Fuego (Terre de Feu).
Demain main, nous traverserons en ferry le célèbre Détroit de Magellan, très connu de tous les grands navigateurs de ce monde, pour ses difficultés liées au climat dans cette région de l'extrême sud de la Patagonie.
A ce jour, les coureurs à pied ont parcouru 275 km et les VTTistes 478 km.
MARDI 4 MARS
Etape 11 - Porvenir
Course à pied :23 km
VTT : 50 km
marche : 12 km
Lever très matinal (6h00) dans la nuit et sous la pluie pour quitter le campement de Rio Grande. Nous plions nos tentes à la lueur de nos frontales et prenons notre petit déjeuner dans les bus et les 4x4 sur la piste qui nous ramène sur la grande route.
En effet, il s'agit de ne pas être en retard pour traverser le détroit de Magellan par le ferry. On embarque les trois bus et les deux pickups. 2 heures et 30 minutes plus tard, nous foulons la Terre de Feu. Pendant la traversée, nous avons le plaisir de nous faire escorter par un banc de dauphins, peu avant l'arrivée dans l'estuaire de Porvenir.
Le départ de l'étape est donné à la sortie de la ville, sur une belle piste de bord de mer, repérée lors de la reconnaissance. Une solution plus sûre que celle qui était prévue car certaines contraintes géographiques nous ont obligé à modifier l'étape. Idem pour le bivouac de ce soir qui sera une improvisation.
C'est sous la pluie, le froid et un vent de côté que les coureurs doivent se motiver et parfois même serrer les dents pour arriver à destination.
On sent un certain relâchement à deux jours de la fin du raid. Des petits groupes se forment. On voit par exemple Dominique, Danièle, Paul, Pascale, et Patrice arriver en même temps sur la ligne d'arrivée 23 km plus loin. D'autres abandonnent encore, par sagesse, au lieu de se risquer à des blessures qui pourraient être irréversibles.
Dominique Bordet accroit encore une fois son avance au
classement général. Il est hors de portée de ses poursuivants, tout comme Pierre et Patrice, respectivement 2ème et 3ème.
Aujourd'hui les coureurs à pied auront parcouru quasiment 300 km et les VTTistes 530 km.
MERCREDI 5 MARS
Etape 12 - Lago Cheepelmuth
Course à pied :20 km
VTT : 50 km
marche : 12 km
Aujourd'hui, nous faisons route de nouveau vers l'Argentine, en nous enfonçant encore plus en terre de feu. Plus de 170 km de liaison à endurer dans les bus, sur des pistes chaotiques qui nous endorment. Le voyage est long, d'autant plus que nous devons nous arrêter à chaque poste frontière pour satisfaire aux formalités administratives douanières d'usage, mais sans décharger tous nos bagages pour cette fois comme pour notre premier passage au Chili. C'est aussi l'occasion pour nous de dépenser nos derniers pesos chiliens.
Nous arrivons enfin, en milieu d'après midi, au départ de l'étape. Un bel itinéraire tracé dans un paysage d'alternance entre forêts et plaines, varié à souhait, et une piste plus douce que les jours précédents selon l'ensemble des coureurs.
A peine partis, en descente, trois coureurs se trompent d'itinéraire et filent tout droit sur une mauvaise piste, ce qui reste néanmoins anecdotique car cette erreur n'aura aucune incidence sur le classement général.
Le soir au bivouac du Lac Cheepelmuth, au briefing de l'organisation, on sent nettement la fatigue qui commence à gagner les coureurs. Les jambes sont lourdes. Une bonne nuit s'impose pour repartir demain pour cette ultime étape le long du Canal Beagle, à la même latitude qu'Ushuaia, la ville la plus australe du monde.
JEUDI 6 MARS
Etape 13 (la dernière) - Canal Beagle
Course à pied : 26 km
VTT : 38 km
marche : 13 km
Encore un superbe parcours promis pour cette dernière étape prévue le long du Canal Beagle. Mais avant, encore une centaine de kilomètres de liaison à faire sur une belle route, vraisemblablement la route la plus australe de notre planète, celle qui conduit à Ushuaia.
Le parcours est une belle piste abritée par les arbres. Les coureurs décident de former quelques petits groupes pour cette dernière étape, par solidarité et convivialité.
Les VTTistes sont ravis, les successions de montées et descentes sur le parcours leur convient à merveille. Le paysage qui s'offre à eux est magnifique, avec l'ouverture sur le Canal Beagle au sud de la dernière chaine de montagnes la plus au sud de la Patagonie.
La course terminée, chacun va pouvoir se relâcher un peu, physiquement et moralement, et profiter pleinement de ces deux dernières journées de détente et de tourisme, puisque le programme suivant est la visite de l'ile aux pingouin, non loin de là, à environ 5 km plus à l'est. Nous prendrons un petit bateau pour cela, mais ce sera aussi l'occasion pour visiter un petit musée-laboratoire biologique où nous aurons une visite commentée par deux étudiantes argentines qui nous expliquerons comment on récupère les baleines et autres cétacés échoués sur la plage pour en extraire le squelette.
Nous passerons les deux prochaines nuits à Ushuaia.
VENDREDI 7 MARS
Ushuaia : la ville du bout du monde
Après une dernière nuit en confortable campement, au bord de la rivière, nous faisons route vers Ushuaia pour prendre possession de notre chambre d'hôtel et retrouver un peu le confort attendu. L'occasion de prendre une bonne douche chaude et de se reposer avant notre retour en Europe.
Bienvenue à Ushuaia ! Ce port de pêche est aussi une petite ville de 40000 habitants avec sa proche banlieue. Il fait frais ici, en bord de mer. Nous flânons un peu en ville, parcourons l'unique avenue commerçante et achetons quelques souvenirs.
On trouve tout pour le sport, l'aventure, mais aussi quelques agences de voyage qui proposent des séjours en Antarctique, par exemple.
SAMEDI 8 MARS
deuxième journée à Ushuaia
Après une bonne nuit réparatrice, nous nous réveillons sous une petite pluie fine.
Tandis que certains récupèrent d'une soirée arrosée et prolongée dans un pub irlandais tout proche, d'autres se reposent, font quelques achats en ville, ou bénéficient d'un massage au spa de l'hôtel Albatros.
Cet après-midi, embarcation sur le Canal Beagle pour aller voir les phoques et les lions de mer dans leur milieu naturel sur Los Lobos, une île toute proche d'Ushuaia.
Le soir, cérémonie de remise des prix du Défi Austral 2008 puis repas à l'hôtel… viande argentine et bon vin assuré !
DIMANCHE 9 MARS
Nous quittons la Patagonie !
Après un copieux petit déjeuner à l'hôtel Albatros d'Ushuaia, on embarque dans les taxis, direction l'aéroport international qui se situe à l'ouest de la baie, en bord de mer.
Notre horde d'une quinzaine de taxis traverse l'avenue du front de mer. Nous prenons un premier vol avec la compagnie Aerolineas Argentinas en direction de Buenos Aires, où nous devrons patienter 6 longues heures. Nous en profitons pour dépenser nos dernières devises argentines, ou encore changer nos dernier pesos chiliens.
Long vol de plus de 12 heures pour rejoindre Madrid, puis correspondance pour Paris-Charles de Gaulle. Nous sommes enfin arrivés à la fin de notre périple, mais avec un retard conséquent en raison de très mauvaises conditions météo annoncées en France. L'atterrissage de l'avion a été quelque peu "sportif" !
Consultez notre
album photos en ligne (716 photos) ! …
…et rendez-vous sur un prochain raid avec Nature Extrême Développement.